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La mécène de la Salle Westminster

© Société Baudelaire


En 1954, une bordée d’invectives et de rancœurs accueillit le retour de Chanel dans l’univers de la mode après 14 ans d’éloignement volontaire. Limouse se rangea indéfectiblement à ses côtés, l’exhortant même à surmonter ses réticences à l’égard de la collection avortée de 1937 sur Les Fleurs du Mal et à la présenter sous les auspices d’une Société Baudelaire dont il était désormais le président.

Touchée par cette marque d’estime face à un accablement d’opprobre, Chanel lui adressa des félicitations pour sa nomination à la présidence. L'émissaire de confiance pour cette mission fut le discret Jean Lannoy, son comptable personnel. Il assumera un rôle déterminant dans les mois suivants, servant d’intermédiaire pour ne pas décevoir Chanel, une mécène qui souhaitait agir avec discrétion pour apporter son soutien à Limouse.

Le lieu sur lequel elle jeta son dévolu pour accueillir le Musée Limouse des Fleurs du Mal fut le restaurant de l’ancien Hôtel du Cap-Martin dont le cadre grandiose avait charmé les souverains du monde.

Lannoy fut chargé d’obtenir les plans d’aménagement de la salle d’exposition et Limouse fut consterné d’apprendre que certains espaces devaient rester vacants. L’explication lui fut apportée dans les jours qui précédèrent le vernissage, à mesure qu'étaient installés les éléments du décor majestueux que Chanel avait destiné au musée avec ce message de la bienfaitrice : « Vive la Salle Westminster ». Le duc de Westminster venait de mourir et Chanel, à l’instar de Rodin, souhaita associer le souvenir du duc à la consécration du dandysme baudelairien.

Une photographie aérienne de l’époque
représentant l’ancien palace de Roquebrune-Cap-Martin
auquel Chanel accorda sa préférence en 1957
pour exposer la collection de la Salle Westminster
du Musée Limouse des Fleurs du Mal.

© Société Baudelaire

Une « grande peinture de chevalet » par Limouse (255 x 342 cm) sur le thème du  « Voyage » de Baudelaire.
Son interprétation du poème entra dans l’histoire de l’art, de l’exégèse baudelairienne,
de la Société Baudelaire et de la Salle Westminster du Musée Limouse des Fleurs du Mal.

Cliquez ici pour le commentaire sur cette composition par le Dr. Philip Willoughby-Higson, FSA, FRHistS